Préserver la tradition sans sacrifier l’éducation : Amnesty Bénin forme les relais communautaires à Avrankou

Le jeudi 30 octobre 2025, l’arrondissement d’Avrankou a accueilli une formation des relais communautaires et des sages sur la problématique des rapts d’enfants vers les couvents. Organisée avec l’appui d’Amnesty International Bénin, cette rencontre visait à renforcer la protection des droits des enfants et à sensibiliser les acteurs communautaires sur la nécessité d’un équilibre entre traditions et éducation.

La cérémonie s’est déroulée en présence du maire de la commune, du coordonnateur à l’éducation aux droits humains d’Amnesty Bénin et de la cheffe du guichet unique de protection sociale. Selon le coordonnateur EDH, les groupes locaux d’Adjarra ont, depuis 2024, fait de la lutte contre les rapts de mineurs à des fins rituelles une priorité. Ces pratiques, encore observées dans certaines localités, compromettent gravement les droits fondamentaux des enfants, notamment le droit à l’éducation, à la santé et au loisir.

Amnesty Bénin, en collaboration avec les autorités locales, les Hounon et les relais communautaires, mène depuis plusieurs mois des campagnes de sensibilisation, la diffusion de spots radiophoniques et l’organisation de cadres d’échanges pour encourager le respect des normes établies. Une avancée notable a été observée au sein des associations de dignitaires religieux, mais certaines poches de résistance persistent, notamment parmi les acteurs non affiliés à ces structures.

La formation d’Avrankou s’inscrit dans la continuité de ces actions. Elle a permis de réunir sages, dignitaires et leaders communautaires autour d’un même objectif : protéger les enfants tout en valorisant le patrimoine culturel. Les discussions ont porté sur la nécessité d’adapter les pratiques initiatiques pour qu’elles ne nuisent pas à la scolarisation, à la santé ni au développement harmonieux des enfants.

Dans son allocution, le maire a insisté sur la complémentarité entre les deux formes d’éducation :

« Nous sommes en face de deux écoles : l’école républicaine et l’école établie. Il nous revient de faire la part des choses pour que le couvent demeure un lieu d’initiation et de transmission de valeurs, sans compromettre le droit à l’éducation. » Il  a salué Amnesty Bénin pour ses efforts constants en faveur de la scolarisation et exhorté les participants à maintenir le cap : « Travaillons ensemble pour que nos enfants aillent à l’école, car c’est ainsi que nous préserverons nos traditions et leur donnerons tout leur sens. »

Pour sa part, la cheffe du guichet unique de protection sociale a rappelé l’importance de garantir aux enfants trois droits essentiels : le droit à l’éducation, le droit à la santé et le droit au loisir, piliers de leur épanouissement et de leur avenir.

À travers cette formation, Amnesty Bénin réaffirme son engagement à concilier respect des traditions et promotion des droits humains, pour que chaque enfant puisse grandir dans un environnement sûr, instruit et équilibré.