États-Unis. Le centre de détention de Guantánamo est ouvert depuis bien trop longtemps

En réaction à la décision du gouvernement de Joe Biden de transférer un premier détenu hors de Guantánamo, Daphne Eviatar, directrice du programme Sécurité et droits humains d’Amnesty International États-Unis, a déclaré :

« Le transfert d’un premier détenu hors de Guantánamo sur décision du gouvernement de Joe Biden est une avancée positive. Il faut maintenant que les 10 autres détenus dont la libération a été ordonnée soient aussi transférés dans les plus brefs délais. Les autorités doivent également annoncer un projet clair prévoyant la fermeture une bonne fois pour toute de ce centre de détention illégal.

« Cela fait bien trop longtemps que le centre de Guantánamo est ouvert. Trente-neuf personnes y sont aujourd’hui incarcérées depuis près de deux décennies, la plupart sans inculpation ni procès. »

Amnesty International États-Unis continue de faire campagne pour la libération de Toffiq al Bihani et des dizaines d’autres personnes détenues illégalement à Guantánamo, tout en demandant la fermeture de ce centre. Toffiq al Bihani a été envoyé à Guantánamo en 2003, a été torturé par la CIA et est depuis détenu sans inculpation ni jugement par les autorités américaines. Le 22 janvier 2010, celles-ci ont conclu que Toffiq al Bihani pouvait être envoyé au Yémen si la situation en matière de sécurité s’améliorait sur place, ou sinon dans un pays tiers. L’Arabie saoudite, où vivent 11 de ses frères et sœurs, a accepté de l’accueillir. Or, cet homme est toujours emprisonné à ce jour, plus de dix ans après que son transfert a été autorisé.

Complément d’information

Le 11 janvier 2021, Amnesty International a publié un rapport dénonçant les violations des droits humains commises au centre de détention de Guantánamo, alors que les premiers prisonniers entamaient leur 20e année de détention et qu’un nouveau président s’apprêtait à entrer à la Maison-Blanche. Ce rapport redisait l’urgence de se saisir de cette question, de s’engager sincèrement à garantir la vérité, l’obligation de rendre des comptes et des réparations, et de reconnaître la nécessité de mettre un terme à la détention illimitée à Guantánamo.

CONTACT : Mariya Parodi, media@aiusa.org

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